A quoi ça sert que Nissa se décarcasse, en plante 4 au roi Lyon, vainqueur trois jours plus tôt à Liverpool (oui, d’accord à la 94e) en champions League, pour que cet exploit passe aussitôt aux oubliettes médiatiques ? La faute au clasico de mes deux et à l’épidémie de grippe H1N1 qui a haché les joueurs du PSG. La faute aussi, on va finir par le savoir, aux pénibles de Canal + qui ont tout fait, en coulisses, pour que « leur » match de l’année ait lieu en prime time le dimanche et fasse péter l’audience.
Au lieu d’exploser l’audimat, les paillassous de Canal et de la ligue, à commencer par Frédéric Thiriez, le Guignol de l’impro, ont fait bouillir le Vieux-Port. Virus, pandémie, joueurs du PSG et hooligans masqués (mais pas pour les mêmes raisons), coups de tronche, barres de fer (coucou Gaston !), flics casqués et débordés, Laguiole qui vole, vitrines brisées, les cravatés de la chaîne cryptée ne pouvaient pas rêver d’un meilleur scénario pour faire mousser leur « cher » clasico ! Pas de bol, le clasico a été annulé et ça leur a coûté un bras aux Parigots, 150 000 euros au bas mot, au point que les dirigeants de Canal n’ont pas hésité le lendemain à demander à la LFP de prendre en compte leurs intérêts quand il s’agira de fixer la nouvelle date du match. Ces accros du foot bizness n’ont vraiment pas de figure !
Triste football.
Heureusement, samedi soir, dans notre Ray de bric et de broc, ce stade pas assez chic pour que ces banastes de Canal viennent y poser leurs caméras en direct, les fidèles de notre vieux et cher Gym (nous étions 10 973) ont vu un grand match de ballon. Cela faisait un bail que les Rouge et Noir ne m’avaient pas provoqué de telles vibrations. Que de frissons : et 1, et 2, et 3, puis 4-0 contre le grand méchant Lyon, LOL, mort de rire ! Claude Puel, qui n’a jamais pu nous saquer, s’est arraché les lèvres pour reconnaître que « Nice a fait un bon match », « était bien en place ». Las, Jean-Michel Aulas a, pour une fois, tombé la face et parlé « d’une fessée qui fait mal ». Pincez-moi, je rêve !?
Et pourtant, non, nous n’avons pas rêvé. Nice a bien infligé une correction au grand Lyon. Nice, 19e, une défense jusque là en carton, pitoyable à Lorient une semaine plus tôt, critiqué de toutes parts, a livré son meilleur match de la saison. Et je dirai même plus de ces trois dernières saisons. Personne ne s’y attendait. Surtout pas le scribe du journal local qui écrivait le matin du match : « Les Niçois sont dans l’obligation d’y croire, un point chipé à la barbe du septuple champion aurait valeur de grosse bouffée d’oxygène. » Le confrère miséricordieux misait sur un petit point alors que dans « L’Equipe » du jour, comme pour mieux assurer ses arrières, Vincent Duluc rappelait que Nice n’avait plus battu l’OL depuis 17 matches (1-0, but d’Ipoua en 1995)…
Journaliste sportif n’est pas un métier facile, je sais de quoi je parle. Surtout que la concurrence est féroce sur la planète internet. Il y a autant de sites de sport sur le web que de cheveux sur le crâne rasta de Jonathan Quartey. A l’heure de Twitter, l’info, sportive ou non, circule à la vitesse de l’éclair. Pas le temps d’analyser. Tout va très vite, trop vite. A 18h30, le portail d’Orange titrait en balcon de une : « Promenade de santé pour l’OL ? » Une heure plus tard, un rédacteur avait vite changé le titre : « L’OL boit la tasse. » Sur la Toile, chaque supporter internaute croit détenir la vérité et peut lâcher ses « coms » sur les forums comme autant de scuds sur la tête des joueurs et des entraîneurs. Ils en ont le droit et ont raison d’en profiter. DON et les Niçois n’ont pas échappé à la rafale des critiques venue du « cinquième pouvoir » (le quatrième étant celui de la presse). Et vu leurs résultats en dents de scie, il y avait, c’est vrai, de quoi s’exposer à la vindicte populaire.

Nice, samedi, a brillamment fait taire ses détracteurs. Cette victoire doit être, espérons-le, le déclic tant attendu, le match référence d’une saison jusqu’ici mal embarquée. L’autre soir, quand tout un stade sautillait comme un seul homme, il n’était plus question des Tapie, Gaydamak, Laffont, Akhmetov ou de mon cousin Charly Barelli pour reprendre le Gym. Ça, c’est l’info « épate », du foie gras de canard hongrois pour générer des clics et vendre du papier. Non, samedi, c’est sur le pré, et nulle part ailleurs, que les Niçois ont fait parler la poudre. Les joueurs, placés dans un cadre de jeu enfin strict et précis, se sont vidés les tripes contre l’OL et ont profité des faiblesses lyonnaises du moment pour les enfoncer.
Soyons réalistes, pour Lyon, venir jouer au Ray trois jours après l’exploit d’Anfield était aussi motivant que pour un grand reporter de guerre de couvrir le ball-trap de Gattières dans la foulée d’un reportage en Afghanistan ! Nice a bien emballé le match, a eu de la réussite et Loïc Rémy, sur-motivé face à son club formateur, placé là où il doit l’être, c’est-à-dire côté droit, a fait le reste face à un adversaire direct à la ramasse (Cissokho). Avec Bagayoko en point d’appui (quel beau but) et Anthony Mounier côté gauche, l’attaque du Gym a de l’allure. Bien plus en tout cas que celles du Mans, Grenoble, Sochaux, Lens ou Boulogne…
Au milieu, dans le sillage du revenant Coulibaly, Sablé et Hellebuyck ont enfin haussé leur niveau de jeu. Il était temps. Les supporteurs étaient prêts à les transférer à Saint-Martin-Vésubie pour qu’ils aillent rejoindre le club des cueilleurs de champignons. Ces gars, près de 400 matchs en D1 à eux deux, ne pouvaient pas éternellement rester les pieds enfoncés dans le sable de la Garoupe. Surtout qu’ils avaient la confiance absolue de DON, laquelle, toutefois, doit avoir ses limites. Les deux tauliers confirmeront-ils ? Ils ont intérêt, sachant que Ben Saada, Chouf, Traoré ou Faé n’ont pas dit leur dernier mot et doivent eux aussi s’y filer, comme on dit au rugby.

En fait, c’est derrière que le Gym présente le moins de garantie. Il manque un défenseur axial de métier. Tout le monde s’accorde sur ce point. Avec les départs d’Hognon, trop souvent blessé, Kanté et Rool, partis prendre les dollars sur le banc de clubs plus fortunés, DON a dû s’adapter. Il a tâtonné. Après la claque reçue à Lorient, il a encore tout chamboulé samedi. A-t-il trouvé la bonne formule ? Rien n’est moins sûr. Deux motifs de satisfaction toutefois dans cette défense athlétique, commandée par un excellent Ospina : Apam (le plus petit des quatre défenseurs samedi) a enfin montré son vrai visage et Gace m’a bien plu sur le côte gauche. A lui de saisir sa chance et de prouver que la formation niçoise vaut bien celle de La Fontonne.
En réalité, ce succès de prestige contre Lyon ne comptera que si Nice bat Le Mans ce week-end. Avec la manière si possible. Faudra pas attendre 24 heures pour mettre une pâtée – sous forme de rillette, c’est encore meilleur - à ces pâles Manceaux. Pas question pour Nice, sorti de la zone rouge avec brio, de se remettre la pression et d’attendre que les autres mal-classés se rebellent eux aussi. Le Gym doit maintenant enchaîner. C’est le moment où jamais ! A l’heure de Twitter, il n’y a effectivement plus de temps à perdre. Par contre, si vous perdez les gars, je ne vous raterai pas sur Facebook via mon application iPhone, et là, ça risque de déchirer grave, LOL, MDR, parole d’un vrai geek fou du Gym ; - )
A quoi ça sert que Nissa se décarcasse, en plante 4 au roi Lyon, vainqueur trois jours plus tôt à Liverpool (oui, d’accord à la 94e) en champions League, pour que cet exploit passe aussitôt aux oubliettes médiatiques ? La faute au clasico de mes deux et à l’épidémie de grippe H1N1 qui a haché les joueurs du PSG. La faute aussi, on va finir par le savoir, aux pénibles de Canal + qui ont tout fait, en coulisses, pour que « leur » match de l’année ait lieu en prime time le dimanche et fasse péter l’audience.
Au lieu d’exploser l’audimat, les paillassous de Canal et de la ligue, à commencer par Frédéric Thiriez, le Guignol de l’impro, ont fait bouillir le Vieux-Port. Virus, pandémie, joueurs du PSG et hooligans masqués (mais pas pour les mêmes raisons), coups de tronche, barres de fer (coucou Gaston !), flics casqués et débordés, Laguiole qui vole, vitrines brisées, les cravatés de la chaîne cryptée ne pouvaient pas rêver d’un meilleur scénario pour faire mousser leur « cher » clasico ! Pas de bol, le clasico a été annulé et ça leur a coûté un bras aux Parigots, 150 000 euros au bas mot, au point que les dirigeants de Canal n’ont pas hésité le lendemain à demander à la LFP de prendre en compte leurs intérêts quand il s’agira de fixer la nouvelle date du match. Ces accros du foot bizness n’ont vraiment pas de figure !
Triste football.
Et pourtant, non, nous n’avons pas rêvé. Nice a bien infligé une correction au grand Lyon. Nice, 19e, une défense jusque là en carton, pitoyable à Lorient une semaine plus tôt, critiqué de toutes parts, a livré son meilleur match de la saison. Et je dirai même plus de ces trois dernières saisons. Personne ne s’y attendait. Surtout pas le scribe du journal local qui écrivait le matin du match : « Les Niçois sont dans l’obligation d’y croire, un point chipé à la barbe du septuple champion aurait valeur de grosse bouffée d’oxygène. » Le confrère miséricordieux misait sur un petit point alors que dans « L’Equipe » du jour, comme pour mieux assurer ses arrières, Vincent Duluc rappelait que Nice n’avait plus battu l’OL depuis 17 matches (1-0, but d’Ipoua en 1995)…
Journaliste sportif n’est pas un métier facile, je sais de quoi je parle. Surtout que la concurrence est féroce sur la planète internet. Il y a autant de sites de sport sur le web que de cheveux sur le crâne rasta de Jonathan Quartey. A l’heure de Twitter, l’info, sportive ou non, circule à la vitesse de l’éclair. Pas le temps d’analyser. Tout va très vite, trop vite. A 18h30, le portail d’Orange titrait en balcon de une : « Promenade de santé pour l’OL ? » Une heure plus tard, un rédacteur avait vite changé le titre : « L’OL boit la tasse. » Sur la Toile, chaque supporter internaute croit détenir la vérité et peut lâcher ses « coms » sur les forums comme autant de scuds sur la tête des joueurs et des entraîneurs. Ils en ont le droit et ont raison d’en profiter. DON et les Niçois n’ont pas échappé à la rafale des critiques venue du « cinquième pouvoir » (le quatrième étant celui de la presse). Et vu leurs résultats en dents de scie, il y avait, c’est vrai, de quoi s’exposer à la vindicte populaire.
Nice, samedi, a brillamment fait taire ses détracteurs. Cette victoire doit être, espérons-le, le déclic tant attendu, le match référence d’une saison jusqu’ici mal embarquée. L’autre soir, quand tout un stade sautillait comme un seul homme, il n’était plus question des Tapie, Gaydamak, Laffont, Akhmetov ou de mon cousin Charly Barelli pour reprendre le Gym. Ça, c’est l’info « épate », du foie gras de canard hongrois pour générer des clics et vendre du papier. Non, samedi, c’est sur le pré, et nulle part ailleurs, que les Niçois ont fait parler la poudre. Les joueurs, placés dans un cadre de jeu enfin strict et précis, se sont vidés les tripes contre l’OL et ont profité des faiblesses lyonnaises du moment pour les enfoncer.
Soyons réalistes, pour Lyon, venir jouer au Ray trois jours après l’exploit d’Anfield était aussi motivant que pour un grand reporter de guerre de couvrir le ball-trap de Gattières dans la foulée d’un reportage en Afghanistan ! Nice a bien emballé le match, a eu de la réussite et Loïc Rémy, sur-motivé face à son club formateur, placé là où il doit l’être, c’est-à-dire côté droit, a fait le reste face à un adversaire direct à la ramasse (Cissokho). Avec Bagayoko en point d’appui (quel beau but) et Anthony Mounier côté gauche, l’attaque du Gym a de l’allure. Bien plus en tout cas que celles du Mans, Grenoble, Sochaux, Lens ou Boulogne…
Au milieu, dans le sillage du revenant Coulibaly, Sablé et Hellebuyck ont enfin haussé leur niveau de jeu. Il était temps. Les supporteurs étaient prêts à les transférer à Saint-Martin-Vésubie pour qu’ils aillent rejoindre le club des cueilleurs de champignons. Ces gars, près de 400 matchs en D1 à eux deux, ne pouvaient pas éternellement rester les pieds enfoncés dans le sable de la Garoupe. Surtout qu’ils avaient la confiance absolue de DON, laquelle, toutefois, doit avoir ses limites. Les deux tauliers confirmeront-ils ? Ils ont intérêt, sachant que Ben Saada, Chouf, Traoré ou Faé n’ont pas dit leur dernier mot et doivent eux aussi s’y filer, comme on dit au rugby.
En fait, c’est derrière que le Gym présente le moins de garantie. Il manque un défenseur axial de métier. Tout le monde s’accorde sur ce point. Avec les départs d’Hognon, trop souvent blessé, Kanté et Rool, partis prendre les dollars sur le banc de clubs plus fortunés, DON a dû s’adapter. Il a tâtonné. Après la claque reçue à Lorient, il a encore tout chamboulé samedi. A-t-il trouvé la bonne formule ? Rien n’est moins sûr. Deux motifs de satisfaction toutefois dans cette défense athlétique, commandée par un excellent Ospina : Apam (le plus petit des quatre défenseurs samedi) a enfin montré son vrai visage et Gace m’a bien plu sur le côte gauche. A lui de saisir sa chance et de prouver que la formation niçoise vaut bien celle de La Fontonne.
En réalité, ce succès de prestige contre Lyon ne comptera que si Nice bat Le Mans ce week-end. Avec la manière si possible. Faudra pas attendre 24 heures pour mettre une pâtée – sous forme de rillette, c’est encore meilleur - à ces pâles Manceaux. Pas question pour Nice, sorti de la zone rouge avec brio, de se remettre la pression et d’attendre que les autres mal-classés se rebellent eux aussi. Le Gym doit maintenant enchaîner. C’est le moment où jamais ! A l’heure de Twitter, il n’y a effectivement plus de temps à perdre. Par contre, si vous perdez les gars, je ne vous raterai pas sur Facebook via mon application iPhone, et là, ça risque de déchirer grave, LOL, MDR, parole d’un vrai geek fou du Gym ; - )