Vendredi 15 août 2008
par Berlio
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Nice-Nancy, c’est pour moi une affiche du cœur. Mon père est de Nice, ma mère de… Nancy. C’est aussi mon premier fort souvenir en rouge et noir.
Ce 13 mai 1978, je ne suis pas bien grand et je vois la finale de la coupe de France chez mon parrain, ancien joueur de l’ASNL, sur terrain neutre puisqu’il habite désormais en Bretagne. La maison est coupée en deux : je choisis le camp nissart sans hésitation, mon père a quand même été à l’école avec Baratelli, et lors d’un match à Reims (papa était militaire, on a beaucoup voyagé !) il m’a même filé ses gants. Le match ? J’ai deux flashs : le jeu, plutôt lent, monopolisé par le Gym. Ah, si Toko avait joué d’entrée. Et le but, signé Platini, à la 57e. Malgré la présence de trois défenseurs Niçois (Zambelli, Katalinski et Barraja) sur son dos, « Platoche » arrive à pivoter et tirer. Poteau-rentrant !
Je me rappelle avoir demandé à papa : « Mais pourquoi ton copain de classe ne l’a pas arrêté, ce tir mou ? » En fait, j’apprendrai, plus tard, que Baratelli avait réalisé sa plus mauvaise saison sous le maillot rouge et noir. Pire, « Doumé » et ses copains en avaient pris 7 en championnat contre ces diables de Nancéiens au Ray (le fameux 7-3, avec un triplé de Platini !), alors que le Gym était leader du championnat.
Comment gagner dans ces conditions ? Impossible, car les « millionnaires de la Côte » (ainsi qu’on surnommait l’équipe dans les années 1970) avaient toutes les qualités du monde. Sauf une, qui ne s’achète pas avec un carnet de chèques, le mental. Après la finale perdue, Baratelli quittera le Gym sur la pointe des pieds, Jouve, Katalinski, Huck ou Toko s’en iront aussi, c’est la fin de l’époque dorée des Seventies…
Vingt-huit ans plus tard, je me retrouve dans la tribune de presse du stade de France pour assister au remake de la finale perdue. L’heure de la revanche a sonné. Comme tous les supporteurs de 1978, je suis persuadé qu’on va gagner cette finale. Comme en 78, Nice a battu Monaco en demi-finale. Comme en 78, Nice est favori sur le papier. Comme en 78, Nice perd le match sur le terrain. Panne de mental. Toujours le même refrain. Je suis effondré. Dans un couloir du stade de France, mon regard croise un visage connu : c’est Carlos Curbelo, mon « idole », le libero du Gym des années 1980. En 78, le Franco-Uruguayen était dans le camp d’en face ! Il a le sourire, Carlos. Son fils Gaston n’a pas joué, mais Nancy a encore gagné. Dans les grandes occasions, l’Aiglon s’est toujours piqué contre le Chardon…
Finale de la coupe de France 1978
Nice : Baratelli – Morabito, Zambelli, Katalinski, Barraja – Huck, Guillou, Jouve, Cappadona (puis Toko, 75e) – Sanchez, Bjekovic.
Finale de la coupe de la ligue 2006
Nice : Lloris - Fanni (Roudet, 79e), Varrault, Traoré, Abardonado - Echouafni (Bagayoko, 85e), Balmont, Rool, Vahirua (Ederson, 71e) – Koné, Bellion.
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