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Les Cahiers du Gym
Un homme nommé cheval
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Lundi 2 mai 2005

par Francky

15 avril 1978. Quand le tirage au sort des quarts de finale jette Nice et Nantes l’un contre l’autre, le dépit trouble muscadet et rosé de Bellet. Mais le vin étant tiré, il faut le boire, éventuellement jusqu’à la lie. Buscher était de la partie.

L’équipe niçoise n’est pas en bonne santé quand sa rivale nantaise lui rend visite, le 15 avril. Ses espoirs en championnat se sont envolés depuis longtemps, Katalinski a déclaré que l’O.G.C.N. était « un cimetière marin » et M. Lœuillet s’est entendu conseiller à plusieurs reprises d’aller planter ses choux. Huit jours plus tôt, en effet, Valenciennes est venu gagner 2-0 au Stade du Ray sous les vociférations d’un public ulcéré.

10 000 spectateurs seulement sont donc venus assister à ce Nice-Nantes de Coupe dont toute la France attend avec curiosité le résultat. Huit minutes après le coup d’envoi, Oscar Muller centre de la droite, Baronchelli détourne de la tête en position d’avant-centre et Rampillon, sur la gauche, marque d’un tir imparable : 1-0 pour Nantes. Pendant une vingtaine de minutes, Nantes fait à peu près ce qu’il veut sur le terrain et les Niçois ont des papillons noirs dans la tête.

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Jean Noël Huck
Crinière au vent, il sonna la charge héroïque et le glas des espoirs nantais.

Mais le football est parfois bizarre, inexplicable souvent en tout cas. Il peut être le fait d’une collectivité, d’un homme, d’un exploit technique ou d’une colère. A Nice, le 15 avril, il s’agit d’une colère et d’un homme. Jean-Noël Huck est un Alsacien perdu en azur, une sorte de cigogne tranquille qui aurait trouvé son nid sur les hauteurs de Nice. Il a joué dix-sept fois en équipe de France et donné parfois un reflet éclatant de son talent. Car sur le terrain, il n’est plus cigogne, mais cheval de plein vent. Ses courses, crinière déployée, ont la beauté irréelle de celles des pur-sang. Elles transpercent, déchirent, désorientent les défenses adverses mais parce qu’elles butent quelquefois sur la dernière haie, on renvoie cet homme nommé cheval à l’écurie des percherons. « Ah ! si Huck savait discipliner son jeu. »

A la 26e minute du match contre Nantes, Jean-Noël égalise d’un tir superbe que Bertrand-Demanes n’a pas vu partir. C’est le point de départ de la chevauchée fantastique. Trois fois, Huck s’envole sur l’aile droite, effleurant le gazon de ses sabots ailés. Trois fois il centre, et trois fois le but est marqué : par la tête de Bjekovic d’abord (32e, 2-1), par les pieds de Castellani (56e, 3-1) et Bjekovic (81e, 4-1) ensuite.

Léon Rossi, l’entraîneur niçois, déborde de stupéfaction : « Je n’y comprends rien, dit-il, la veille encore, je sentais mon équipe fragile, démoralisée et puis, d’un seul coup, sans que l’on sache pourquoi, elle se retrouve, à l’image du grand Huck. » Jean Vincent, l’entraîneur nantais, utilise les mêmes mots pour dire le contraire : « Je n’y comprends rien. Nous avons craqué alors que rien ne le laissait prévoir. Rendez-vous compte qu’il s’agit là de notre plus lourde défaite de la saison. » Rossi et Vincent auraient dû lire Cocteau et entendre son sage précepte : « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur. »

A moins d’une catastrophe, les Niçois ne peuvent plus être éliminés. Les Nantais essaient bien de dynamiser le match retour mais Henri Michel est le seul, sur un remarquable coup franc tiré de l’extérieur du pied droit, à trouver le chemin des filets de Baratelli (40e minute).« Si nous avions marqué un deuxième but, dira-t-il un peu plus tard, je suis certain que la débandade se serait installée dans leurs rangs. » Au lieu de ça, la bataille s’enlise et, pour la contrôler, certains sortent « la boîte à gifles ». Pour la contrôler aussi, l’arbitre M. Konrath sort trois cartons jaunes pour Katalinski, Sahnoun et Toko.

Qui disait que les Niçois n’avaient plus de tempérament ?


Les feuilles de match :

LE 15 AVRIL(Quart de finale aller)

NICE bat NANTES 4-1 (2-1). - 10184 spectateurs. Arbitrage de M. Delmer. Buts : Huck (26e), Bjekovic (32e, 81e), Castellani (57e) pour Nice ; Rampillon (8e) pour Nantes.

Nice : Baratelli - Cappadona, Zambelli, Katalinski, Baraja - Huck, Morabito puis Toko, Guillou - Sanchez, Bjekovic, Buscher puis Castellani.

Nantes : Bertrand-Demanes - Bossis, Rio, Bargas, Tusseau puis Bibard - Michel, Sahnoun, Muller puis Picot - Baronchelli, Pécout, Rampillon.

LE 18 AVRIL(Quart de finale retour)

NANTES bat NICE 1-0 (1-0). - 20000 spectateurs. Arbitrage de M. Konrath. But : Michel (40e) pour Nantes.

Nantes : Bertrand-Demanes - Bibard, Rio, Bargas, Bossis - Michel, Sahnoun, Rampillon - Baronchelli, Pécout, Amisse puis Muller (40e).

Nice : Baratelli - Cappadona,Zambelli, Katalinski, Baraja - Huck, Morabito, Guillou - Sanchez, Bjekovic, Toko.




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> Un homme nommé cheval 3 mai 2005

Parmi les vieux souvenirs, nous pouvons citer aussi le 2 novembre 76 ( le jour ou Mesrine s’est fait descendre par la police ) un Nantes-Nice à Marcel Saupin = 5 à 0 pour Nantes avec un festival d’Eric Pecout et Nenad Bjekovic qui avait arraché, de rage, son brassard de capitaine .....

> Un homme nommé cheval 3 mai 2005, par francky

Voui d’accord, mais là, nous sommes dans une lignée d’articles sur l’épopée du Gym lors de la Coupe de France 1978 -qui est donc le thème principal- et les deux derniers matchs (PSG et le FC Nantes) correspondent au calendrier actuel du championnat 2004-2005...